Pierre-Alain Chambaz

Nous ne dédaignerons rien de ce que nous aurons vu. Déjà, le rapport Beffa de 2005, peu suspect d’hostilité à l’intervention de l’État, pointait la principale responsabilité d’une moindre R&D privée en France : la spécialisation de notre économie sur des activités qui y recourent peu. Comment alors l’esprit tranchera-t-il sur la matière, si la matière est elle-même volonté ? D’un côté, l’attention a pour effet essentiel de rendre la perception plus intense et d’en dégager les détails : envisagée dans sa matière, elle se réduirait donc à un certain grossissement de l’état intellectuel. Au point de vue de la civilisation, les habitudes qui ne sont pas ou des vices contraires à la conservation de l’individu, ou des instincts dépravés qui mettent les sociétés elles-mêmes en danger, celles en un mot que la sélection naturelle a confirmées pendant de longues générations, celles qui sont devenues des caractères physiologiques de la race ou servent de base à sa conscience morale, toutes ces habitudes marquent des progrès accomplis, mais en revanche elles deviennent quelquefois un obstacle à l’acquisition d’habitudes nouvelles et de progrès encore plus élevés. Les marchés naissants, ou marchés frontières, sont le nouveau dada des milieux d’investissement. On se représente la négation comme exacte­ment symétrique de l’affirmation. Car il s’agit d’une émotion capable de cristalliser en représentations, et même en doctrine. L’impossible consensusMalheureusement, ce ne sera pas le cas, dans la mesure où la conférence de Varsovie, et plusieurs autres sommets sur le climat, restent profondément ancrés sur la réalisation d’un consensus mondial sur la réduction des émissions de CO2. Les villes intelligentes sont encore une perspective lointaine en Afrique. Sans compter ceux qui se livrent au bien périlleux exercice de la prédiction… S’il fallait n’en lire qu’un, sans doute, The Leaderless Economy, paru en fin d’année dernière aux Etats-Unis aux Editions de l’université de Princeton, devrait être celui-là. Par exemple, la ligne peut être divisée en autant de parties qu’on veut, de la grandeur qu’on veut, et c’est toujours la même ligne. Alors oui, cela suscite de la colère dans la profession car ce projet de directive européenne, qui s’applique aux prestations de vente « à forfait », permet à certains opérateurs, spécialisés dans la désintermédiation, de pratiquer des ventes de forfait déguisées, ce tour de passe-passe résultant d’une longue opération de lobbying. La réponse est simple : une multitude d’intérêts personnels, défendant un marché de 10 milliards d’euros, pèse sur le maintien de ces politiques, bien qu’il ait été clairement établi qu’elles sont très peu efficaces malgré leur coût très élevé. Sachant que la voie royale pour y parvenir passe nécessairement par une taxation favorable, par une régulation laxiste, par des salaires et des BONUS élevés, et par toujours moins d’investissements en faveur de l’éducation et les infrastructures. Lorsqu’il était de la plus haute importance qu’il connût la vérité tout entière sur les événements qui pèsent et doivent peser d’un tel poids sur ses destinées, hommes d’État, publicistes, imagiers et grimauds semblèrent prendre à tâche de dissimuler les faits et leurs résultats logiques, immédiats ou futurs, derrière un pitoyable rideau d’héroïsme peinturluré par le mensonge et drapé par la sottise. Toute l’Europe regarde avec inquiétude la poussée du populisme en France. Il se forme ici, au sein même du moi fonda­mental, un moi parasite qui empiétera continuellement sur l’autre, Beaucoup vivent ainsi, et meurent sans avoir connu la vraie liberté. Le premier est, comme le soulignent sans cesse les partisans de la libre circulation des capitaux, que les pays doivent remplir une longue liste de conditions préalables avant de pouvoir profiter de la mondialisation financière. Et il se préparera ainsi à retrouver la durée réelle là où il est plus utile encore de la retrouver, dans le domaine de la vie et de la conscience. Il fallait compter, disait-on, avec le caractère capri­cieux de la vie. Nous voilà dans le réalisme ; et, pas plus dans ce réalisme que dans l’idéalisme de tout à l’heure, les états cérébraux ne sont l’équivalent de la représentation : c’est, nous le répétons, le tout des objets perçus qui entrera encore (cette fois dissimulé) dans le tout de notre perception. Néanmoins, les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « L’habitude est d’abord comme un fil d’araignée : une fois prise, elle est plus solide qu’une corde ». Nous ne le pensons pas ! En creusant au-dessous d’elles, on trouverait, croyons-nous, une différence plus profonde. Mieux se dégage la géométrie qu’il contient, moins il peut admettre que quelque chose se crée, ne fût-ce que de la forme. Le sujet n’est pas simple. Ce n’est donc pas, au fond, sur la table elle-même que je porte ce jugement, mais plutôt sur le jugement qui la décla­rerait blanche.

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