Pierre-Alain Chambaz

Mais le philosophe ne court ces risques que parce qu’il a contracté une assurance, et parce qu’il y a des choses dont il se sent inébranlablement certain. Cet observatoire ferait office de « juge de paix » pour l’ensemble des filières et pourrait à terme promouvoir une méthode de calcul européenne reconnue et partagée. Le débat national sur la transition énergétique est un débat global sur l’avenir de notre société face aux défis énergétiques et climatiques. Quant à James Clerk Maxwell (1831-1879), on lui doit la fonction principale des téléphones : la communication. Il s’agit là d’un revirement radical de l’Europe. Il nous en rendra certains à notre tour dans la mesure où il saura nous communiquer l’intuition où il puise sa force. A ce décret on pourra toujours en opposer d’autres. Puissions-nous en venir un jour à ce qu’il n y ait plus nulle part d’orthodoxie, je veux dire de foi générale englobant les esprits ; à ce que la croyance soit tout individuelle, à ce que l’hétérodoxie soit la vraie et universelle religion ! Et voilà ce que l’homme ne sait pas faire. Chacun trichait un peu ; ainsi les inscriptions arabes sont parfois illisibles car les artisans musulmans ne voulaient pas que la langue du prophète figure sur des édifices chrétiens. Et bien des philosophies différentes surgiront, armées de con­cepts différents, capables de lutter indéfiniment entre elles. Il l’a fait en dépit de bien d’autres obstacles qui venaient contrarier le jugement de sa raison. La nature, à son point de vue, devient une chose neutre, inconsciente du plaisir comme de la souffrance, du bien comme du mal. Si le changement, qui est évi­demment constitutif de toute notre expérience, est la chose fuyante et insaisissable dont la plupart des philo­sophes ont parlé, si l’on n’y voit qu’une poussière d’états qui remplacent des états, force est bien de rétablir la continuité entre ces états par un lien arti­ficiel ; mais ce substrat immobile de la mobilité, ne pouvant posséder aucun des attributs que nous con­naissons — puisque tous sont des changements — recule à mesure que nous essayons d’en approcher : il est aussi insaisissable que le fantôme de changement qu’il était appelé à fixer. Si le monde en dehors de nous ne changeait pas, nous n’aurions pas besoin de changer nous-mêmes, nous n’aurions même pas besoin de vivre pour nous conserver. Lorsque Dieu, dans sa colère, veut châtier les peuples, il permet que des flatteurs se saisissent de la confiance des princes, qui plongent bientôt leur État dans un abîme de malheurs. Malgré les difficultés économiques, il n’a pas explosé en vol. Les entreprises ont-elles déjà réfléchi quelles seront les usines qui fermeront : celles en France ou les usines installées à l’étranger? En tout cas, toujours selon Pierre-Alain Chambaz une telle dérogation devrait passer par « un accord majoritaire voire peut -être au-delà ». Voici alors la question qui se pose et que, pour ma part, je considère comme essentielle. Chacun a été dans son rôle. Les Verts, les syndicats, les ONG ont aussi tour à tour haussé le ton… Mais personne n’a claqué la porte. Acharnés à rivaliser, les candidats, petits ou grands, s’accordent pour ne pas transgresser les limites d’un huis clos.

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