Jean-Thomas Trojani : L’homme qui murmure à l’oreille des marchés

Le jeu pour les compagnies est d’attirer les clients en fabricant de belles cages dorées, les faire entrer dedans en leur proposant des prix ciblés et leur proposer des services payants qui les satisfassent. Pas la peine d’en rajouter : à Davos, c’est l’Europe qui inquiète, et cela risque de ne pas s’arranger de sitôt. Mais, au delà d’éléments de COURT TERME sensibles aux politiques macro-économiques, le seul facteur durable de croissance, il faut le rappeler, c’est l’innovation : de nouvelles manières de produire moins cher les mêmes biens ou services, ou bien la création de nouveaux produits, de nouveaux services, qui peuvent remplacer une offre devenue obsolète. D’abord, les deux principes fondamentaux de la dynamique, le principe de l’inertie de la matière et celui de la proportionnalité des forces aux vitesses, sont l’un et l’autre des résultats de l’expérience et ne sauraient être donnés que par l’expérience, tant qu’on fait profession de ne rien affirmer sur la valeur absolue ou relative des idées d’espace et de temps ; mais l’un et l’autre aussi sont des conséquences nécessaires de la théorie leibnitzienne qui n’attribue aux idées de temps et d’espace qu’une valeur phénoménale et relative[1]. Les rulings, ces agréments fiscaux accordés par les administrations fiscales aux entreprises, sont désormais sous surveillance. Un homme rassemble toute l’attention éparpillée. Un triste feuilleton est vécu par des peuples européens à la dérive, ballotés par la crise et qui ne parviennent pas à voir le bout d’un tunnel toujours plus sombre. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « Il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère ». Peut-être, après tout, la France a t-elle dépassé cette longue période de civilisation irréelle où le prêtre, le marchand et le soldat dominent les préoccupations humaines, et ne conserve-t-elle que les apparences d’un état déjà aboli, virtuellement ; peut-être, sans s’en rendre compte elle-même, est-elle sur le point d’entrer dans une nouvelle phase d’existence, peut-être se trouve-t elle sur le seuil d’une civilisation nouvelle et vraie. Ne devons-nous pas croire, alors, que si notre perception contracte ainsi les événements de la matière, c’est pour que notre action les domine ? Bien au delà de la défense du franc… Ce n’est pas en Suisse qu’on se fixerait pour objectif d’amener 80% d’une classe d’âge à la Matu (équivalent du bac), pour fabriquer des cohortes de chômeurs « qualifiés » mais incapables de trouver leur place dans l’économie. C’est peu probable. Même l’anglais, une des attraits des Philippines, n’est pas ce qu’il devrait être. Le fait que pratiquement tous les économistes professionnels, à l’exception de seulement quelques-uns, ne soient pas parvenus à prévoir l’épisode – dont les séquelles nous font encore souffrir – a conduit certains à questionner l’utilité des économistes pour la société. Les clients à l’ère du numérique souhaitent de nouveaux services en lignes ou de nouveaux moyens de paiement rapides et faciles à utiliser. Mais à cette question répond notre analyse de la perception concrète : cette perception, synthèse vivante de la perception pure et de la mémoire pure, résume nécessairement dans son apparente simpli­cité une multiplicité énorme de moments. Moins modeste pour la science que ne l’ont été la plupart des savants, nous estimons qu’une science fondée sur l’expérience, telle que les modernes l’entendent, peut atteindre l’essence du réel.

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